Test du Xiaomi Mi Note 10  - un sentiment d’inachevé - Android

Test du Xiaomi Mi Note 10  - un sentiment d’inachevé - Android

Le Xiaomi Mi Note 10 débarque avec cinq appareils photo au dos dont un capteur de 108 mégapixels et une énorme batterie. Avec de tels arguments, il attire forcément l'attention et nous vous proposons donc un test complet pour vous livrer notre avis sur le smartphone.Le Xiaomi Mi Note 10 Fiche technique Modèle Xiaomi Mi Note Lire la suite

Le Xiaomi Mi Note 10 débarque avec cinq appareils photo au dos dont un capteur de 108 mégapixels et une énorme batterie. Avec de tels arguments, il attire forcément l'attention et nous vous proposons donc un test complet pour vous livrer notre avis sur le smartphone.

Le Xiaomi Mi Note 10

Fiche technique

ModèleXiaomi Mi Note 10
Version de l'OSAndroid 9.0
Interface constructeurMIUI
Taille d'écran6.47 pouces
Définition2340 x 1080 pixels
Densité de pixels398 ppp
TechnologieOLED
SoCSnapdragon 730G
Puce Graphique (GPU)Qualcomm Adreno 618
Mémoire vive (RAM)6 Go, 8 Go, 12 Go
Mémoire interne (flash)128 Go, 64 Go, 256 Go
Appareil photo (dorsal)Capteur 1 : 108 Mpx
Capteur 2 : 5 Mpx
Capteur 3 : 12 Mpx
Capteur 4 : 20 Mpx
Capteur 5 : 2 Mpx
Appareil photo (frontal)32 Mpx
Enregistrement vidéo4K@30 IPS
Wi-FiWi-Fi 5 (ac)
Bluetooth5.0
Bandes supportées2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
NFCOui
Capteur d'empreintesSous l\'écran
Ports (entrées/sorties)USB Type-C
Batterie5270 mAh
Dimensions74.2 x 157.8 x 9.7mm
Poids208 grammes
CouleursNoir, Blanc, Rouge, Bleu, Vert
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un modèle prêté par la marque et que nous avons reçu avant la date d’officialisation.

Vidéo de prise en main



Lien YouTube

Tout est beau sauf le doigt sur le macro

Le Xiaomi Mi Note 10 est un peu lourd. Cela dit, ne comprenez pas cette phrase dans un sens négatif, car le smartphone n’est pas non plus trop lourd. En réalité, son poids est même plutôt satisfaisant dans la paume de la main, voire presque réconfortant grâce à un design bien soigné qui le rend très agréable à utiliser. D’aucuns pourraient le trouver trop épais, mais là aussi, les finitions du produit font oublier ce détail.

Sous nos yeux, l’écran du Xiaomi Mi Note 10 se veut très immersif avec ses bordures joliment incurvées. Cependant, le contour noir reste bien visible sans être trop large pour autant. Il en va de même pour l’encoche sur le front en forme de goutte d’eau. Au dos, si l’on regarde le smartphone d’assez loin, on peut le confondre avec le Huawei P30 Pro. La surface en verre, le positionnement du logo de la marque et l’alignement du module photo partagent en effet des traits commun sur les deux modèles.

Toutefois, sur le Mi Note 10, on ne peut pas passer à côté du fait qu’il y a cinq capteurs photo. Trois d’entre eux sont encastrés dans la même zone en protubérance. Trop en protubérance même : le smartphone est bancal lorsque posé à plat, c’est agaçant. Les deux autres capteurs sont placés plus bas, toujours dans une disposition verticale.

C’est d’ailleurs sur ce point précis que le principal défaut en termes de design se fait ressentir. Cela n’arrive pas systématiquement, mais il n’est pas rare que le doigt recouvre le petit objectif macro, situé en dessous des quatre autres capteurs, lorsqu’on utilise le smartphone. C’est tout de même assez dommage de laisser régulièrement des traces de doigt dessus et de potentiellement gâcher des prises de vue.

L’objectif macro tout en bas tombe trop facilement sous le doigt

Sur la tranche de droite, on trouve les touches de volume et de déverrouillage tandis que le port USB-C et la prise jack sont situés en bas.

Pas laid l’AMOLED

L’écran AMOLED de 6,47 pouces offre une qualité d’affichage vraiment bonne avec une définition Full HD+. Les couleurs ressortent bien sans être trop vives et le contraste est excellent. En ce qui concerne la luminosité maximale, elle peut s’élever très haut. Hélas, le capteur de luminosité ambiante a parfois tendance à être un peu lent à la détente.

Il arrive donc que l’écran, quand il est en mode automatique sur ce paramètre, prenne plus de temps que nécessaire pour s’adapter aux conditions extérieures. Passée au crible fin de notre sonde colorimétrique et du logiciel CalMAN édité par notre partenaire Portrait Displays, la dalle montre qu’elle enveloppe très largement l’espace sRGB (156 %). Le DCI-P3, lui, est couvert à 104 %.

Un bel écran AMOLED

Le Delta E évalué à 4,37 est relativement correct et prouve que les couleurs affichées à l’écran ne s’éloignent que modérément de la réalité.

La luminosité maximale atteint les 572 cd/m², ce qui est largement suffisant pour distinguer ce qui s’affiche à l’écran. En outre, la température des couleurs tourne aux alentours de 7500 K. Ce n’est pas parfait (on viserait plutôt 6500 K pour cela), mais c’est tout de même dans la bonne moyenne des smartphones actuels qui ont tendance à préférer des couleurs légèrement plus froides. Vous pouvez d’ailleurs rectifier le tir comme vous l’entendez grâce à une palette dans les paramètres d’affichage du Xiaomi Mi Note 10.

Enfin, sans surprise sur de l’AMOLED, le contraste tend vers l’infini grâce aux pixels noirs éteints.

Audio : service minimum

La qualité audio du Mi Note 10 est très moyenne et ce n’est clairement pas ici que l’on pourra encenser le smartphone ni le critiquer amèrement. L’appareil fait le job, ni plus ni moins. Il s’en sort bien sur les médiums, mais rencontre plus de difficultés à retranscrire les basses. Pour les tons plus aigus, on peut entendre un peu de saturation quand le volume est à fond.

Ce qui m’a surtout chagriné, c’est le positionnement du haut-parleur en bas qui tombe trop facilement sous l’index lorsqu’on tient le smartphone à l’horizontale. Cela étouffe drastiquement les sons lors d’une partie.

De bonnes idées et des paramètres compliqués

Le Xiaomi Mi Note 10 tourne nativement sous une interface MIUI 11 propulsé par Android 9 Pie. L’ensemble tourne très fluidement, mais on soulignera un petit bémol sur certaines animations. La plupart du temps, elles sont très bien maîtrisées et apportent une belle dynamique à l’expérience utilisateur. Hélas, au déverrouillage, on doit composer avec l’animation du lecteur d’empreintes qui se superposent à celle de l’écran d’accueil. Le chevauchement n’a pas lieu systématiquement, mais quand il survient, il provoque une désagréable impression de clignotement.

Au-delà de ça, MIUI est toujours aussi éloigné de l’Android imaginé par Google, pour le plus grand bonheur des aficionados et au grand dam des puristes. L’interface offre une flopée de personnalisations et, plus globalement, profite de mises à jour régulières poussées par la communauté de développeurs. En contrepartie, l’organisation du menu des paramètres manque toujours de cohérence et il faut un peu de temps à un néophyte avant de s’y retrouver correctement.

La navigation par gestes par exemple n’est pas évidente à trouver. Logiquement, on pourrait penser qu’elle se cache dans la rubrique Affichage… Que nenni ! Il faut aller dans les paramètres supplémentaires pour trouver la fonctionnalité appelée Affichage plein écran. Là seulement, vous pourrez vous débarrasser de la barre de navigation.

En ce qui concerne la barre d’état, Xiaomi a le mauvais réflexe de désactiver par défaut l’affichage des icônes de notifications. C’est à vous d’aller changer cela manuellement. En outre, c’est un peu dommage, quelques petites erreurs d’affichage viennent se glisser par-ci par-là.

En déplacement en Espagne, la mention de l’heure locale souffre d’une absence de traduction et on voit donc des caractères chinois. Le format de la date est également incorrect en français.

Cela dit, le vrai gros souci logiciel du XIaomi Mi Note 10 touche l’application de l’appareil photo comme nous le verrons dans la partie suivante de ce test.

MIUI 11 apporte un thème sombre sur l’intégralité du système. Pour ce faire, appuyez sur « Mode Nuit » dans les paramètres rapides et paf, vous voilà avec une interface noircie plus agréable pour les yeux sensibles aux lumières fortes.

La nouvelle mouture apporte aussi la fonction Mi Share. C’est exactement la même chose que l’AirDrop d’Apple, mais à la sauce de Xiaomi, Oppo, Realme et Vivo. Seules ces quatre marques sont compatibles, même OnePlus, pourtant membre du même groupe que les trois dernières citées (BBK Electronics), ne fait pas partie de ce club restreint. C’est dommage… et pour l’instant je n’ai pas réussi à utiliser cette fonctionnalité.

Plusieurs fonctionnalités pour personnaliser l’Always on Display sont mises à disposition et vous pouvez aussi profiter d’une application de prise de note avec une fonctionnalité ToDo List. Ajoutez les tâches que vous devez faire pendant la journée et créez un raccourci sur votre écran d’accueil : un balayage du bord de l’écran vers le centre fait apparaître ladite liste. Vous pouvez ajouter des notes orales si les écrire vous ennuie.

Bonne nouvelle, le Xiaomi Mi Note 10 profite du meilleur niveau de sécurité du DRM Widevine (L1) qui lui permet ainsi de lire les vidéos de plateforme SVoD telles que Netflix, Prime Video ou encore myCanal avec un flux HD. D’ailleurs, ce modèle évite le souci rencontré par le Redmi Note 8 Pro qui embarque Widevine L1, mais qui n’est pas reconnu comme tel par certaines applications. On est rassuré.

Enfin, sur un point agaçant : pensez à désactiver l’inutile vérification antivirus qui se déclenche par défaut dès que vous téléchargez une application depuis le Play Store. Vous gagnerez du temps. Pour l’espace de stockage, comptez sur 128 Go, mais oubliez la possibilité d’insérer une microSD. Le Mi Note 10 peut cependant être utilisé avec deux nano SIM.

Un bon quintuple photo vs une mauvaise application

Sur la photo, les ambitions du Xiaomi Mi Note 10 sont énormes avec sa « penta camera » particulièrement mise en avant par la marque. Voici la configuration de ces cinq capteurs photo dans un format de liste à puces pour que ce soit plus facile à retenir :

  • capteur principal de 108 mégapixels, f/1,69, 1/1,33 pouce ;
  • ultra grand-angle de 20 mégapixels, f/2,2, 117 degrés ;
  • téléobjectif x2 de 12 mégapixels, f/2,0 ;
  • téléobjectif x5 de 5 mégapixels, f/2.0 ;
  • objectif macro de 2 mégapixels avec mise au point auto de 2 à 10 cm.

J’aimerais m’atteler d’ores et déjà à la critique de ce quintuple module, mais je ne peux malheureusement pas satisfaire cette envie sans aborder, au préalable, l’application de l’appareil photo.

Des lenteurs

Pour le dire sans détour, le développement de cette application ne semble pas terminé. Le démarrage est souvent lent et l’interface est sujette à des ralentissements trop fréquents — mais pas systématiques — quand on passe d’un mode de prise de vue à un autre ou quand on tente de prendre une photo en pleine définition de 108 mégapixels (le mode classique prend des photos de 27 mégapixels comme nous le verrons juste après). À deux reprises, en voulant prenant une photo en ultra grand-angle, l’application a planté et j’ai été forcé de redémarrer le téléphone pour y remédier pendant que le traitement logiciel du cliché à peine réalisé prenait une éternité à être finalisé.

Lors de la présentation du smartphone, nous avons été plusieurs journalistes à faire la remarque auprès des responsables de Xiaomi. Mes confrères et consœurs, même étrangers, avaient également remarqué des lenteurs. Cependant, le constructeur ne semblait pas avoir prévu de mise à jour spécifique pour les corriger. Reste à espérer qu’il change finalement d’avis et déploie un patch pour fixer tout ça. Le choix de ne pas intégrer un Snapdragon 855 peut par ailleurs être pointé du doigt. Une telle puce aurait sans doute pu gérer plus facilement ce quintuple module photo composé d’un capteur de 108 mégapixels.

Capteur principal

Ce défaut est d’autant plus frustrant que l’appareil photo du Xiaomi Mi Note 10 est vraiment très bon dans la grande majorité des situations. Rappelons que, par défaut, les photos prises avec le capteur de 108 mégapixels ont une définition de 27 mégapixels, car l’appareil utilise la méthode du pixel binning qui fusionne quatre pixels en un pour capter plus de lumière et être plus efficace dans les environnements sombres.

Hormis une gestion de la dynamique qui pourrait être améliorée dans certains cas, le capteur principal offre un haut niveau de détails et des couleurs qui ressortent bien.

La dynamique n’est pas gérée de manière optimale ici

Quand le ciel est bien bleu, celui-ci aura tendance à être saturé sur l’image, mais ce n’est pas vraiment un défaut. Le rendu est plus agréable à l’œil, même s’il s’éloigne un petit peu de la réalité.

07/11/2019 07:12 PM